Manifeste des hommes

Conférences

Rent a Wife

Photos de Sylvie Travaglianti provenant de l'expo "Paysages du Sexisme Ordinaire »

Ces clichés ont été présentés chez Violette and Co, une librairie féministe, en mars 2005.

Lire aussi l'article de la sociologue (vue dans le film) Francines Descarries sur le site de La Meute à ce sujet.

Suit un textrait d'un texte de Sylvie Travaglianti (photographe):

« Épinglée en trophée sur le mur des villes, l’image du corps des femmes légitime les comportements machistes et exerce sur les femmes une pression psychologique. Loin de refléter une libération des femmes, ce phénomène traduit pour elles un nouveau mode d’aliénation les réduisant à des objets. Observé, jaugé, jugé, leur corps est utilisé comme appât pour la consommation. Tantôt idéalisé, empapilloté dans la dentelle, tantôt malmené, il semble être à disposition de qui veut, et constituer un patrimoine masculin. Ces modèles parfaits, imaginaires, sont survalorisés tandis que les femmes réelles s’en trouvent toujours plus dépréciées, niées, culpabilisées. […]

« Les revendications des années soixante-dix qui prônaient une « libération sexuelle » ont été largement récupérées et détournées de leur projet initial. Elles visaient à briser les carcans qui enfermaient la sexualité dans les codes sociaux. Le féminisme jouissait d’un vent de liberté issu d’une quête commune d’équité et d’épanouissement, y compris entre les hommes et les femmes. Aujourd’hui, la nudité, ou plutôt sa représentation, est devenue, par les méthodes les plus insidieuses, l’instrument de l’aliénation des femmes. […]
« Les ressorts à l’œuvre sont ceux de l’humiliation de la femme, mais les femmes ne hurlent guère à l’abominable réification de leur corps réduit à un accessoire sexuel. Elles contestent peu l’affirmation par les hommes de l’usage qu’ils entendent faire de leur ventre, leur peau, leurs cheveux. C’est que, pour obtenir leur consentement, on invite les femmes à la compétition, garantie de leur défaite inéluctable. Laminées par un discours permanent de dépréciation et son pendant inverse, la flatterie, elles rétorquent peu. Enfermées dans le diktat des normes sociales de séduction, elles demeurent inoffensives pour la société en ne réclamant pas leurs droits. […]
« Il est hélas plus probable que la situation recherchée soit celle d’une femme dont la personnalité, la parole et l’identité n’entravent en rien l’usage que l’on entend faire de son seul corps. Ces situations permettent à certains d’imaginer un monde rassurant où les femmes seraient des créatures disponibles, totalement asservies. […] »

Sylvie Travaglianti, « Paysage du sexisme ordinaire ».