16 Juin 2009
Malgré la présence de plus en plus massive des femmes sur le marché du travail, d’importantes inégalités salariales persistent. En février 1966, les 3500 ouvrières de la Fabrique nationale d’armes de guerre (FN) de Herstal (Belgique) se mettent en grève et revendiquent une augmentation de 5 francs ainsi que l’application du principe « un salaire égal pour un travail égal ». Cette grève durera douze semaines, atteignant ainsi une ampleur exceptionnelle dans l’histoire ouvrière.La grève fera des émules et les femmes d’autres entreprises de la région arrêteront aussi le travail en solidarité aux grévistes de la FN. Les mouvements féminins, solidaires de la grève, font campagne pour faire comprendre en quoi leur revendication à l’égalité salariale est légitime. Ces mouvements insistent sur la conception courante à cette époque du salaire féminin comme salaire d’appoint. En effet, l’opinion publique juge encore négativement la femme qui travaille. La renommée de la grève va s’étendre et dépasser les frontières : les Françaises et les Néerlandaises se déclarent solidaires de cette protestation et une marche organisée en avril va rassembler des délégations venues de toute l’Europe.
Après de longues négociations, les grévistes vont finalement obtenir la moitié de l’augmentation qu’elle réclame. Malgré cela, ce mouvement est marquant dans l’histoire de l’émancipation féminine parce qu’il va entraîner la reconnaissance formelle du principe d’égalité des salaires et la dénonciation des discriminations que connaissent les femmes dans le travail

Tract de soutien aux grévistes de la Fabrique nationale (FN) d’Armes de Herstal (Belgique), 1966.
Source : RoSa asbl, Bibliothèque, centre de documentation et archives pour l'égalité des chances, le féminisme et les études féministes. 136 rue Royale - 1000 Brussel. http://www.rosadoc.be















