Manifeste des hommes

Conférences

Rent a Wife
Aujourd’hui, la majorité des femmes travaillent mais elles n’exercent pas les mêmes métiers que les hommes. D’une façon générale, les emplois occupés surtout par des femmes sont concentrés dans le secteur tertiaire (secteur des services). Tandis que les emplois occupés surtout par des hommes sont mieux répartis entre les grands secteurs de l’activité économique (secteur primaire, secondaire et tertiaire) et entre les professions.

Les emplois très féminins ont des caractéristiques qui rappellent celles des tâches domestiques et familiales, caractérisés par le fait de s’inscrire dans une relation de disponibilité aux autres (aux membres de sa famille en particulier). Ainsi, les emplois de « service aux personnes », c’est-à-dire tous les emplois qui concernent les soins aux enfants, aux personnes âgées et aux malades, comme les métiers de puériculteur/trice, d’aide familiale ou d’infirmier/ère, sont presque exclusivement occupés par des femmes. C’est aussi le cas des emplois qui concernent le travail ménager (femme de ménage et employé de maison). De même, le rôle de la secrétaire est avant tout d’être « au service » de son patron*.

Depuis les années 1960, certaines professions considérées comme masculines se sont toutefois féminisées. C’est notamment le cas des métiers comme policier/ère, facteur/rice, chauffeur-euse d’autobus, notaire, architecte et juge on y trouve aujourd’hui des femmes même si les hommes les occupent encore en majorité. « Mais d’autres métiers, par tradition, refusent encore l’entrée au personnel féminin : matelot, balayeur de rue, éboueur, docker, bûcheron, garde forestier, contrôleur aérien, électricien, plombier et menuisier. »**. Et si la médecine est une profession exercée aujourd’hui par de nombreuses femmes, toutes les spécialisations ne se féminisent pas de manière uniforme. Les spécialisations les plus féminisées concernent les domaines considérés comme féminin : l’enfance, les soins du corps (peau), le psychologique : tandis que les spécialisations nécessitant les technologies de points restent très masculines.
*A.-M. Daune-Richard, “Hommes et femmes devant le travail et l’emploi”, in Th. Blöss (dir.), La dialectique des rapports homes-femmes, Paris, PUF, 2002.
**Source : Femmes/hommes dans le monde, Ministère de la Communauté française Wallonie-Bruxelles, direction de l’égalité des chances.


Quelques chiffres
Parmi les médecins, les femmes représentent :
• 58,5 % des dermatologues
• 54,7 % des psychiatres
• 46,4 % des pédiatres

… mais seulement
• 14,7 % des cardiologues
• et 6 % des neurochirurgiens.


Dans le choix du travail, comme dans le choix des études, les filles et les garçons sont influencés par leur éducation et par des stéréotypes sexués (véhiculés par les médias, la publicité, la culture…) :
• Le dévouement et l’attention aux autres sont généralement considérés comme des qualités « féminines », c’est-à-dire dont les femmes seraient dotées naturellement.
• Conformément aux rôles sexués traditionnels, les filles prévoient qu’elles vont devoir partager leur temps entre vie familiale et vie professionnel. Elles choisiront donc plus que les garçons un travail leur prenant moins de temps (pas de réunion le soir, moins de voyages…).
• Les garçons font plus souvent leurs choix en fonction du salaire, anticipant leur rôle traditionnel de père « pourvoyeur de revenu ».