Manifeste des hommes

Conférences

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Taux d’emploi et taux de chômage

Hommes et femmes n’occupent pas la même place sur le marché du travail. Non seulement les femmes sont moins nombreuses à travailler mais surtout, les caractéristiques de l’emploi féminin et masculin sont à tous les égards nettement différenciées.

Dans tous les pays de l’Union Européenne, le taux d’emploi (pourcentage de la population en âge de travailler ayant effectivement un emploi) est plus faible pour les femmes que pour les hommes, et particulièrement en Italie. En 2006, en Belgique, 54 % des femmes ont un emploi et 68% des hommes. En France, c’est le cas pour 58% des femmes et 69% des hommes.

Le taux de chômage est également supérieur pour les femmes dans tous les pays de l’Union Européenne : En France, le taux de chômage est un peu supérieur à la moyenne : il concerne 10 % des femmes contre 8,3 % des hommes. En Belgique, il correspond à la moyenne européenne (environ 10% pour les femmes contre, 7,6% pour les hommes). Mais le taux de chômage ne rend pas entièrement compte du non emploi, et surtout pour les femmes. En effet, d’une part, la notion de « cohabitant » introduite dans la législation belge sur le chômage a eu pour effet d’en exclure des dizaines de milliers de personnes chaque année, dont environ 90% sont des femmes ! D’autre part, parmi les personnes répertoriées comme « non actives » (et donc non comptabilisés dans les statistiques de chômage), il y a une majorité de femmes qui est souvent mère au foyer.

En Europe, l’Allemagne est un exemple de la difficile conciliation pour les femmes d’une vie de famille avec une vie professionnelle. L’école est organisée sur des demi-journées et il n’y a pratiquement pas de crèches, ni de garderies publiques. La prise en charge des enfants est donc une affaire privée. Or, la répartition traditionnelle des rôles familiaux fait que, dans ce pays, ce sont globalement les femmes qui prennent en charge les enfants. Ainsi, la grande majorité des mères d’enfants de moins de 4 ans ne travaillent pas. Seulement ¼ d’entre elles travaillent alors que, par comparaison, presque la moitié des mères françaises ayant des enfants de moins de 4 ans travaillent.

Différentes raisons peuvent expliquer la moindre présence des femmes sur le marché du travail : partage traditionnel des rôles au sein de la famille et prise en charge de l’éducation des enfants, difficultés de les faire garder, difficultés de se faire embaucher ou de trouver un emploi permettant de le concilier avec une vie de famille, etc. Ainsi, en France, le taux d’emploi des mères de très jeunes enfants n’est que de 62% contre 91% pour les pères.

Toutes les activités domestiques ou d’ « aidantes » (au commerce du conjoint par exemple) exercées par les femmes constituent pourtant un travail, mais invisible et donc non rémunéré. De ce fait, il ne permet pas aux nombreuses femmes qui l’exercent d’accumuler des droits et d’accéder plus tard au système de pensions.

Les Nations Unies ont estimé que la production liée au travail invisible des femmes (« activité de soin » et « activité productive » réunies) s’élève, au niveau mondial, à 11,000 milliards de dollars par an ! Ce qui correspond à 48% du PIB mondial.

Source : Seager Joni, Atlas des femmes dans le monde, La réalité et leurs conditions de vie, Coll. Atlas du monde, Paris, 2003, France.
Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes - 10/08
Egalité professionnelle - Taux d'emploi UE

Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes - 10/08
Egalité professionnelle - Taux de chômage UE